Affichage des articles dont le libellé est valorisation des déchets. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est valorisation des déchets. Afficher tous les articles

jeudi 20 novembre 2008

Gazéification à étage plasma : le chantier de la première usine CHO-Power peut débuter

L’enquête publique concernant la construction de la première unité de production d’électricité d’Europlasma, basée sur le site de Morcenx (dans les Landes), vient de se ponctuer par un avis favorable.

Le chantier va pouvoir commencer. L’usine sera la première à accueillir le principe de valorisation énergétique de déchets selon le procédé CHO-Power, une innovation d’Europlasma fondée sur une gazéification par torches à plasma. Lesdites torches sont issues des laboratoires d’EADS (ex Aérospatiale) qui les utilisent pour tester les matériaux qui protègent les engins spatiaux de l’échauffement provoqué lors de la rentrée dans l’atmosphère.

La centrale de production de Morcenx, qui créera 25 emplois et dont la mise en route est prévue en novembre 2009, traitera 150 tonnes de déchets industriels banals (DIB) - plastiques, cartons, bois, papiers, tissus, gravats… - par jour pour une capacité de 12 MW.

L’intérêt d’un tel procédé est de pouvoir convertir un élément solide en gaz chaud dont le pouvoir combustible est récupéré pour produire de l’électricité.

Le procédé CHO-Power transforme, par gazéification, le déchet en un « BioSynGaz » épuré grâce à la haute température de la torche à plasma (voir ci-dessous dans la présentation et dans l’explication de la gazéification) ; ceci pour alimenter ensuite une turbine/moteur à gaz produisant de l’électricité, le tout avec un rendement électrique de bout en bout qui peut aller jusqu’à 40%.

CHO-Power : un procédé à 3 étages


La production d’énergie se fera à partir de la valorisation de 55 000 tonnes par an de déchets industriels banals. Elle permettra d’alimenter 60 000 habitants en électricité.

Les déchets, produits par les entreprises et non dangereux, sont apportés par les principaux collecteurs des Landes et des départements limitrophes. Les collecteurs n’apportent que la fraction résiduelle après leur propre tri et recyclage.

Les déchets sont retriés sur site : les dernières parties métalliques, les grosses fractions inertes sont retirées. 10% de déchets de bois de source locale sont ajoutés pour atteindre la proportion de 85% de partie bio-dégradable, seuil exigé pour le rachat de l’électricité par EDF.

Toute l’électricité produite est vendue à EDF, dont le réseau haute tension est tout proche (l’usine CHO-Power sera installé sur un terrain contigu d’Inertam, sur la zone industrielle de Cantegrit Ouest).

A noter que la conception architecturale de l’unité a été confiée au cabinet Bernard Bühler avec un souci de bonne intégration dans le paysage régional.

Reste maintenant à savoir quelles seront les réactions des riverains, qui ne voient généralement pas d’un bon œil l’implantation d’une usine de traitement de déchets (quelle que soit la technologie utilsée) près de chez eux…

La gazéification : qu’est-ce que c’est ?

La gazéification est un procédé thermique qui consiste à chauffer des éléments principalement organiques (déchets, biomasse…) dans une atmosphère en défaut d’air. Les éléments carbonés vont réagir avec la vapeur d’eau et le CO2, à une température d’au moins 600°C, dans des réactions endothermiques de transformations thermochimiques, dites de gazéification, de type :

C + H2O CO + H2
C + CO2 2CO
C + 2H2 CH4

On obtient donc principalement un gaz composé de monoxyde de carbone et d’hydrogène, appelé gaz de synthèse ou syngaz.

L’intérêt d’un tel procédé est de pouvoir convertir un élément solide en gaz chaud dont le pouvoir combustible est récupéré pour produire de l’électricité.

Ce principe de gazéification est connu depuis bien longtemps puisque le procédé fut mis en œuvre dès le milieu du XIXe siècle dans des usines à gaz, pour transformer du charbon en gaz de ville utilisé pour l’éclairage et le chauffage. Il s’agit du gaz de ville de nos grands parents.

Le principal avantage réside dans le fait que le potentiel énergétique du déchet est transféré à un gaz, raffiné et nettoyé de ses éventuels polluants avec un excellent rendement. De plus, on brûle un gaz propre, comme à la maison, contrairement à un incinérateur de déchets où tout brûle de manière mélangée créant des combinaisons polluantes qu’il faut intensément filtrer par la suite.

L’innovation d’Europlasma réside dans un outil de purification à haute température basé sur les torches à plasma. Le « biosyngaz » obtenu est alors plus pur, conduisant à un meilleur rendement de l’installation : pour une même quantité de combustible utilisée, plus d’électricité est produite. De plus, le « biosyngaz » étant moins chargé en goudrons et alcanes, son impact sur l’environnement est moindre.

La présentation du procédé CHO-Power (source Europlasma)


Le Groupe Europlasma en chiffres

- emploie 260 personnes,
- a réalisé en 2007 un chiffre d’affaires de 29,6 millions d’euros,
- cotée sur le Marché Libre d'Euronext Paris depuis 2001.

Digg this

mercredi 23 juillet 2008

Le Gaec des Plots valorise son fumier par méthanisation

On peut qualifier le Groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) des Plots dans la Nièvre, sur la commune de Devay, de grosse exploitation. Celle-ci s’étend sur 650 ha. Le cheptel compte de 900 à 1000 têtes de charolais et, depuis 2000 (suite à la crise de la vache folle), cette famille d’exploitants – Michel Laborde, son fils David, et ses neveux Frédéric et Philippe Maillault – s’est engagée dans l’élevage de volailles. Les poulets grandissent dans un immense poulailler de 1300 m2.

Le Gaec fait rapidement le constat que le chauffage au propane de ce bâtiment engendre un coût annuel fort conséquent, soit de 25.000 à 35.000 euros par an ! Pour réduire la dépense, Frédéric Maillault est parti, il y a maintenant plus de 3 ans, en quête d’une solution anti-gaspi.

Il a d’abord pensé à un chauffage au bois dont l’investissement s’avérait rédhibitoire, et la rentabilité incertaine. Puis, après des recherches intensives sur Internet, il a commencé à s’intéresser à la valorisation des effluents agricoles (et pas seulement) par méthanisation. Il s’agit de transformer le fumier bovin et les fientes de gallinacés en méthane. Brulé dans un cogénérateur, le biogaz produit de l’électricité et de l’eau chaude.

« La France est très en retard par rapport à l’Allemagne qui compte plus de 5000 installations de recyclage des déchets d’élevage par méthanisation, estime Frédéric Maillault. En France, on a le nucléaire... »

Mais, la décision politique de 2006 qui oblige EDF à racheter, à des prix avantageux, l’électricité générée à partir d’énergie renouvelable change la donne. Le Gaec des Plots revendra son électricité, produite et connectée au réseau, à 0,13 euro, contre un tarif pratiqué en Allemagne compris entre 0,18 et 0,21 euro.

Le coût de l’installation est estimé à près de 2 millions d’euros. Les exploitants espérant récolter 40% d’aides financières émanant des collectivités et de l’Etat. Environ 10.000 euros ont déjà été dépensés pour l’étude de faisabilité pour laquelle le Gaec a sollicité deux bureaux d’étude, Omegatherm (expertise moteur et électricité) et Agrikom (spécialisé dans le gaz et les fosses).

« Sans ces aides, nous avons évalué la rentabilité de l’installation à neuf ans », indique Frédéric Maillault.

Une puissance de 350 kilowatts par heure

Le processus de méthanisation produira 350 kWh. Deux fosses enterrées de 1800 m3 chacune, recouvertes d’une membrane d’étanchéité, réceptionneront toutes sortes d’effluents : fumier bovin, lisier, fientes de volailles, herbe, déchets ménagers dégradables. Le mélange est digéré, sans odeur et en anaérobie, pendant 45 à 90 jours par deux digesteurs, et cela, sachant que les effluents, lors du transfert du premier au second digesteur, sont soumis à une phase d’hygiénisation, autrement dit, le fumier est stérilisé par une montée en température, jusqu’à 70°C pendant une heure.

En plus de recycler le biogaz en électricité, la méthanisation valorise aussi l’eau nécessaire au refroidissement des moteurs/générateurs. En sortie du système, la température de l’eau s’élève à 90°C, de quoi assurer le chauffage du poulailler, mais aussi de quelques habitations aux alentours, y compris, bien sûr, celles de la famille Laborde.

A noter également qu’au bout de la période de dégagement et de récupération du méthane, les effluents présentent une valeur fertilisante bonifiée. Ils ressortent sous deux formes : une partie solide (azote sous forme organique et ammoniacale) à épandre derrière la moisson, et une partie liquide (azote sous forme ammoniacale principalement) à épandre au printemps pour le démarrage de la végétation.

Frédéric Maillault espère maintenant que la construction de l’installation pourra démarrer début 2009. Poutant, est-ce en raison de la taille de cette infrastructure de valorisation, ou du manque d’antériorité en France sur ce type d’installation, toujours est-il que les validations administratives paraissent interminables (autorisations préfectorale et auprès de la Direction des Services Vétérinaires, enquête publique).

En Bourgogne et en matière de recyclage de fumier par méthanisation, les exploitants du Gaec des Plots ont bien conscience de leur statut « d’essuyeurs de plâtres »...

Pour en savoir plus :

=> sur la méthanisation

Crédit photo ci-dessus (Frédéric Maillault à gauche et Michel Laborde à droite) : Le Journal du Centre.

Digg this
 
Add to Technorati Favorites