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vendredi 5 décembre 2008

Plan Ecotech 2012 : ce qu’il faut retenir du premier bilan d’étape

A l’annonce du plan Ecotech 2012 en juillet dernier, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie et Luc Chatel, secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation, avait fait une promesse. A savoir dévoiler en marge de Pollutec les premières conclusions du Cosei (Comité stratégique des éco-industries), ainsi que les premières mesures en faveur de l’industrie des éco-technologies. Le calendrier est tenu.

Les six premières mesures sont arrêtées (voir ci-dessous), avec en particulier, un appel à projets de R&D sur les éco-technologies, doté de 30 millions d’euros sur trois ans. Une somme à laquelle il faut rajouter 60 millions d’euros que France Investissement (dispositif public en partenariat avec la Caisse des Dépôts et les investisseurs institutionnels privés, qui a pour vocation de renforcer le financement en fonds propres des PME françaises) orientera sur ce secteur.

Ce bilan d’étape est aussi l’occasion de découvrir les résultats des travaux du Boston Consulting Group. Lequel cabinet d'analyse a été mandaté par le Ministère chargé de l'industrie pour réaliser une étude visant à produire des éléments d'une politique industrielle en faveur du développement des éco-industries en France en lien étroit avec le Cosei.

Découvrez la synthèse de l’étude du Boston Consulting Group



Dans une tribune publiée dans Les Echos en juillet dernier ("L'industrie, le moteur de la croissance verte") et rédigée à quatre mains, Nathalie Kosciusko-Morizet et Luc Chatel écrivaient : « Il est temps aujourd'hui de voir grand et de mobiliser l'ensemble des acteurs industriels autour d'un défi commun : transformer les contraintes énergétiques et environnementales en opportunités de marché. »

A supposer que la France sache saisir ces opportunités, l’étude du Boston Consulting Group fournit notamment des projections en termes d’activités, d’emplois et d’économies d’énergie à l’horizon 2020 associées à une orientation industrielle forte en faveur des eco-innovations. Projections fondées sur un scénario médian et résumées dans les trois tableaux ci-après.

Evolution des activités des éco-industries en France de 2007 à 2020






















Evolution des emplois dans les éco-industries en France de 2007 à 2020




















Les économies d'énergie liées aux éco-industries en France, 2007-2020




















Plan Ecotech 2012 : les six premières mesures concrètes

Ces mesures sont annoncées pour être opérationnelles au premier semestre 2009 :

* Lancement début 2009 d’un appel à projet « écotechnologies » de 30 millions d’euros sur trois ans dédiée aux projets de recherche et développement, en lien avec Oseo et l’Ademe.

* Orientation d’une partie des financements de France Investissement sur le secteur des éco-industries, avec un objectif d’investissement en fonds propres de 60 millions d’euros en 2009.

* La mise en place d’un groupe de travail et de concertation entre les différents pôles de compétitivité concernés par les éco-technologies pour aboutir à :

- une charte de coopération renforcée entre pôles sur le modèle aéronautique ;
- la labellisation éventuelle d’un pôle « écotech » et la structuration des compétences en matière d’écotechnologies sur le territoire ;
- la mise en place rapide et le financement d’outils de création de nouvelles entreprises, de type incubateurs, et en lien étroit avec la communauté des financeurs, et tout notamment les business angels ;

* La mise en œuvre par la DGCCRF dès le 1er janvier 2009 d’un programme de contrôles concernant le « dumping environnemental », sur les cinq thèmes suivants :

- étiquetage CO2 des véhicules ;
- performance énergétique des fenêtres ;
- lampes et ampoules ;
- peintures ;
- revêtements de sol : moquettes, parquets, linoléum sur le critère composés organiques volatils.

* La définition d’un référentiel des éco-activités d’ici la fin du premier semestre 2009, afin notamment de connaître et structurer le secteur et permettre la mise en place d’un tableau de bord de suivi semestriel des activités des éco-industries ;

* L’organisation avec le Medef d’un prix TIC et développement durable et la mise en ligne d’un écoportail, afin de valoriser les produits et industries de l’environnement.

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vendredi 24 octobre 2008

Naissance de l'association CleanTuesday

Une nouvelle association a récemment vu le jour. Il s'agit de CleanTuesday.

Celle-ci a pour vocation de promouvoir le développement des cleantech en Ile-de-France et à travers tout le territoire national.

Elle entend fédérer, dans un esprit communautaire, l'ensemble des acteurs impliqués dans cette filière des éco-innovations : porteurs de projet, industriels, collectivités, investisseurs, etc.

Elle organisera chaque premier mardi du mois (d'où son nom) un évènement au cours duquel les intervenants auront l'opportunité de venir exposer leur expertise et présenter leurs activités.

La première édition des "CleanTuesdays" - qui se dérouleront à La Cantine dans le 2ème arrondissement de Paris - aura lieu le 16 décembre prochain.

David Dornbusch, le président de cette association, nous en livre la genèse et nous détaille les ambitions de cette nouvelle structure.



Le site de l'association est ouvert, c'est ici.

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mardi 16 septembre 2008

« Cleantech » : une définition

Les activités « cleantech » (également appelé « greentech » ; en français, éco-activités, éco-innovations, éco-technologies ou ecotechs) regroupent les techniques et les services industriels qui utilisent les ressources naturelles, l’énergie, l’eau, les matières premières avec une perspective d’amélioration importante de l’efficacité et de la productivité. Une approche qui s’accompagne d’une réduction systématique de la toxicité induite et du volume de déchets, et qui assure une performance identique ou supérieure par rapport aux technologies existantes.

Ce champ industriel fait actuellement l’objet d’un développement extraordinaire qui se traduit par l’apparition de très nombreuses nouvelles entreprises, soutenues par des financements considérables.


Sommaire





1 - Discussion sémantique

2 - Définition des Cleantech

2.1 - Eco-activités et Cleantech

2.2 - Définition

2.3 - Domaines d’activités concernés

3 - Les entreprises cleantech

4- Les investissements dans le secteur cleantech

4.1- Investissements

4.2 - Fonds d'investissement et banques

5 - Autres acteurs : institutionnels, collectivités locales

6 - Critiques

7 - Sources


1 - Discussion sémantique


Le secteur d’activités industrielles et commerciales « Cleantech » (abréviation de Clean Technology) également appelé «Greentech » (Green Technology) correspond à une terminologie utilisée par les fonds d’investissements américains (venture capital), et se traduit littéralement par «technologies propres ».


Parmi les équivalents proposés en français, on trouve le terme « éco-activités innovantes » ou « éco-innovations », ainsi que éco-technologies, ou ecotechs.


La multiplicité des termes consacrés montre que la terminologie ne s’est pas encore tout à fait stabilisée, comme il en était du terme NTIC voici une dizaine d’années quand il s’agissait de décrire l’émergence du vaste secteur couvrant aussi bien l’Internet que les Télécoms.


Aux Etats-Unis, un débat « cleantech vs greentech » a pu exister, dont on trouvera une version complète sur Cleantechblog. On peut en conclure qu’aujourd’hui ce débat est clos et que les deux termes sont utilisés de façon strictement équivalente.


En France, aucun terme n’a encore pris définitivement le pas sur les autres.

On emploiera dans la suite de l’article les termes « cleantech », « éco-activités innovantes », « éco-innovations » ou « ecotechs » de façon exactement synonyme.



2 - Définition des cleantech


2.1 - Eco-activités et cleantech


Le secteur des éco-activités comprend les éco-industries (métiers de l'environnement : eau, air, sol, déchets, bruit), l'énergie (maîtrise de l'énergie, énergies renouvelables, technologies associées à l'énergie pour les bâtiments et les transports), les activités de services et conseils liées à l'énergie et à l'environnement (conseil, diagnostic, certification, remédiation environnementale, éco-conception, éco-marketing, etc.)


Quand on parle de « cleantech », technologies propres, on se réfère plus largement à toute technologie ayant une valeur ajoutée environnementale, quel que soit le secteur d'activité dans lequel elle s'applique (notion de substitution technologique et de réduction d'empreinte écologique à l'œuvre dans les approches d'éco-conception) dans un contexte d’innovation industrielle : nouveauté, forte différenciation et fort potentiel de croissance (richesses et emplois).


A titre d’exemple, le ramassage et le traitement quotidien des déchets ménagers et industriels relève des éco-industries : on ne parlera de « cleantech » ou d’« éco-activité innovante » que lorsque qu’un procédé innovant de ramassage ou de traitement est conçu et mis en œuvre.


2.2 - Définition


S’il n’existe pas de définition normalisée des « cleantech », la définition proposée par le cabinet de conseil américain Clean Edge (également auteur de « The Clean Tech Revolution ») est une bonne synthèse. Il s’agit des techniques et des services industriels qui :

· utilisent les ressources naturelles, l’énergie, l’eau, les matières premières avec une perspective d’amélioration importante de l’efficacité et de la productivité

· créent systématiquement moins de déchets ou de toxicité reliés.

· Ces produits et services doivent assurer une performance identique ou supérieure dans le résultat souhaité par rapport aux technologies traditionnelles et améliorer le profit des utilisateurs.


2.3 - Domaines d'activités concernés


Potentiellement, la quasi-totalité des activités humaines peuvent faire l’objet d’innovation cleantech. Les principaux développements actuels s’opèrent dans les domaines suivants :


· le secteur énergétique : la production essentiellement à partir de sources renouvelables (solaire, éolien, biomasse, etc.), la distribution et le stockage alternatif de l'énergie (Smart Grid). Les économies d‘énergie, en particulier à travers le « Green building » ou le « Green IT». Les besoins dans ce secteur sont énormes. La question de savoir si l’industrie nucléaire ainsi que les technologies de « charbon propre » font partie du secteur cleantech sont en débat (voir critiques).


· les cycles de l’eau et de l’air : production, distribution, traitement.


· le traitement des déchets.


· les technologies d’amélioration des industries traditionnelles : champ très vaste qui couvrent les processus industriels en tant que tels (fluides de découpe, recyclage, rejets).


· les transports : on trouve ainsi de très nombreuses entreprises développant des véhicules électriques (batteries, piles à combustibles).


Les champs majeurs d'éco-innovation pour aujourd'hui et demain résident dans la capacité à réduire/optimiser la consommation d'énergie, les moyens de produire du froid et de la chaleur, de se déplacer, etc. Cela concerne l'ensemble des activités humaines.


Les biotechnologies appliquées à l'environnement (Green Bio Tech) et les technologies numériques appliquées à l'énergie et à l'environnement et à la « ville durable » (Green IT) sont aussi des gisements essentiels d'éco-innovation.


3 - Les entreprises cleantech


Aux Etats-Unis, l’industrie cleantech est largement concentrée dans la Silicon Valley californienne, ainsi qu’autour de Boston. Le développement des activités cleantech participe largement au redressement de la Silicon Valley qui perdait des emplois depuis l’éclatement de la bulle Internet.


En Europe, on note un très fort développement en Allemagne (éolien, solaire), dans la région de Francfort en particulier, ainsi que dans les pays germaniques.


Il faut noter également le très fort développement en Israël d’industries cleantech, en particulier dans le domaine de l’eau, mais également avec des projets plus ambitieux, telle l’usine automobile « Better Place ».


Les grandes entreprises, particulièrement dans le secteur de l’énergie, ont souvent développé des lignes de produits cleantech : on peut citer General Electric.


Le secteur se caractérise également par l’apparition de très nombreuses jeunes entreprises innovantes (start up) qui proposent un très grand nombre d’innovations qu’elles exploitent elles-mêmes, ou qu’elles fournissent à des exploitants.


La distinction traditionnelle entre concepteur et exploitant d'installation dans le domaine de l'énergie reste de mise dans les énergies renouvelables. Plusieurs entreprises, telle EDF Energies Renouvelables, sont de purs exploitants. Theolia, une des rares entreprises du secteur éolien qui était à la fois conceptrice et exploitante de champs éoliens, vient d'annoncer qu'elle allait abandonner l'exploitation. Seules certaines entreprises (notamment dans le domaine des centrales de biomasse) sont à la fois concepteur et exploitant d’installation.


Les différents blogs d’actualité technologiques et financiers permettent de suivre au quotidien l’émergence de nouvelles technologies et de nouvelles entreprises.



4- Les investissements dans le secteur cleantech


4.1- Investissements


En 2006, on estime, au niveau mondial, qu’un montant total de 75 milliards de dollars ont été investi dans des projets et des entreprises « de technologies propres». Ce marché pourrait tripler à quadrupler d’ici 2012 (estimations : traitement de l’eau 75 milliards, éolien 50 milliards, solaire 30 milliards, etc).


Entre 2006 et 2007, on estime que les investissements ont cru de 60% dans un contexte de hausse des prix du pétrole et de nouvelles politiques publiques énergétiques (Source : rapport United Nations Environment Program). Les projets dans le domaine du solaire, de l’éolien et des agrocarburants auraient reçu 148 milliards de dollars d’investissement. Les projets éoliens, à eux seuls, concentrent 50 milliards de dollars.


Ces montants d’investissement concernent essentiellement des projets d’infrastructure (voir plus haut) de grande dimension : champs d’éoliennes, centrales solaires, usines d’agrocarburants.


En ce qui concerne le développement de nouveaux procédés, dans le seul secteur énergie qui représente environ 60% des investissements, 8,5 milliards de dollars ont été investi en 2007 par le Venture Capital et le Private Equity , dont 1,8 milliards pour des investissements « Early-stage ». Ces investissements étaient en hausse de +27% par rapport à 2006.


A titre d’exemple, aux USA, en 2007, 702 millions de dollars ont été investis dans des starts-up du solaire, secteur vedette actuellement. Ainsi, HelioVolt a levé 101 M$, Solyndra 79 M$, SoloPower 30 M$. Le montant moyen pour les investissements cleantech se situe autour de 15 millions de dollars aux Etats-Unis.


On enregistre également des entrées en Bourse (IPO) significatives : les sociétés chinoises de fabrication de panneaux solaires Yingli et LDK Solar sont cotées sur le NYSE pour respectivement 1,7 milliard de dollars (market cap) et 478 millions de dollars.


En France, on peut noter :


· au premier semestre 2007, 6 sociétés du secteur cleantech ont été financées, principalement dans les énergies renouvelables ;

· au second semestre 2007, ce sont 27 entreprises qui ont été financées soit un quadruplement en moins d’un an ;

· En 2007, on note également l’achat par Suez de 50,1 % du capital de la Compagnie du vent, un des leaders français de l’énergie éolienne, pour 331 millions d’euros, ce qui valorise cette société à 70 fois son chiffre d'affaires ;

· Strategeco Solar a été introduit le 20 novembre 2007 à la Bourse de Paris.


4.2 - Fonds d’investissements et banques


Du coté des fonds, presque tous affichent aujourd’hui un intérêt pour le secteur. Un exemple de fonds uniquement dédié au secteur est Emertec Energie Environnement. Opérationnel depuis septembre 2003, disposant de 15,5 M€, il est réservé aux technologies liées aux secteurs de l’énergie et de l’environnement. De nombreux autres fonds plus généralistes (Oddo Asset Management , CDC Entreprises Innovation etc.) ont également investi dans le secteur.


Plusieurs grandes banques financent également des projets d’infrastructure liés au cleantech : usines d’agrocarburants, champs d’éoliennes. On peut citer ainsi la banque franco-belge Dexia parmi les leaders mondiaux.


5 - Autres acteurs : institutionnels, collectivités locales


Plusieurs acteurs institutionnels ont mis en place des cellules de suivi et de développement des activités cleantech sur leur territoire. On peut ainsi citer la Chambre de commerce de Paris, la mairie de Paris à travers Paris Développement etc.


6 - Critiques


Moins de dix ans après l’explosion de la bulle Internet, un débat existe pour savoir si l’émergence du secteur « cleantech », et l’engouement qu’il suscite, ne préfigure pas une nouvelle une bulle initiée par certains investisseurs et gonflée par les médias pour réaliser des profits spéculatifs importants.


Un des sous secteurs des cleantechs, le « Green IT » ou « informatique verte », qui vise à réduire la consommation d’énergie (et d’eau) des systèmes informatiques, fait l’objet d’une très vive publicité de la part des industriels fournisseurs de systèmes et de service informatique. Et en retour fait l’objet de vifs débats pour savoir s’il ne s’agit pas surtout d’un moyen de favoriser les ventes de nouveaux systèmes.


La question de savoir si l’industrie nucléaire et les technologies de « charbon propre » font partie du secteur cleantech fait également débat.


D’autres types de critiques plus fondamentales ont été menés par des groupes « d’Anarchistes Verts » qui contestent l’idée que la technique puisse être utilisée de façon « neutre » pour réduire l’impact de l’homme sur l’environnement.


Le débat sur la poursuite de la croissance ou la nécessité de la décroissance participe également de cette réflexion.


7 - Sources


* Débat « Cleantech vs. Greentech »

* Rapport CCIP/ARIST : Novembre 2007 : Apercu du secteur cleantech en Ile de France

* Rapport CCIP/ARIST : Octobre 2007: Les industries de l’environnement en Ile de France

* Indicateur Chausson Finance


L'entrée Cleantech dans la version française de l'encyclopédie Wikipedia :


Blogs couvrant l’actualité du secteur :


* Aux Etats-Unis (échantillon) :

http://www.greentechmedia.com/
http://www.cleantechblog.com/
http://venturebeat.com/category/cleantech/
http://www.ecogeek.org/


* En France (en français) :

http://www.ecotech21.fr/

http://www.greenunivers.com/

http://www.greenit.fr


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lundi 1 septembre 2008

Cleantechs françaises : la bulle Internet est-elle biodégradable ?

Après la Net économie, la « green économie »... Rapprocher l'effervescence autour d'internet il y a dix ans de l'actuelle agitation autour des écotechnologies n'est pas dépourvu de sens. Les enseignements tirés de la bulle internet seront précieux pour les hommes et les entreprises surfant sur la vague des cleantechs... Histoire de ne pas répéter les mêmes erreurs, et ne pas laisser tout le gâteau aux Californiens.

Une Tribune co-signée par :

Stéphane Distinguin, entrepreneur, fondateur de faberNovel, président du Silicon Sentier, administrateur du pôle de compétitivité Cap Digital et du Comité Richelieu,







et

David Dornbusch, ancien élève de l'Ecole Polytechnique, participe à plusieurs think-tank sur les questions d'énergie et d'industrie.





Moins de 10 ans après la « bulle Internet », une nouvelle révolution
technique et économique est en marche : celle des écotechnologies, plus connues de l'autre coté de l'Atlantique sous le nom de « Cleantechnologies » ou « Cleantech ».

Energies renouvelables et économies d'énergie, traitement de l'eau et de
l'air, optimisation des processus industriels, du bâtiment, de l'automobile... les jeunes entreprises apparaissent par centaines dans la Silicon Valley et autour de Boston. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. On a compté en 2007 plus de 300 investissements dans des start-up du secteur aux Etats-Unis et 33 en France. On se croirait revenu 10 ans en arrière.

Les nouveaux géants industriels issus de la bulle Internet étaient tous
californiens (Yahoo, Google etc..), alors qu'ici n'ont survécu que quelques grosses PME qui n'ont pas réussi à emmener dans leur sillon d'autres jeunes entreprises innovantes de façon à élargir et consolider leur écosystème. Doit-on s'attendre à un même scénario pour les « Cleantech » et voir
apparaître les nouveaux géants de l'énergie, de la mobilité durable et des services environnementaux chez les mêmes élèves modèles - les Etats-Unis et Israël en tête, mais aussi déjà la Chine - et une nouvelle fois voir l'Europe laisser passer les trains ?

La France et l'Europe ont pourtant des atouts qui laissent penser que la
« bulle verte » peut s'épanouir ici également. Lors des 30 dernières années, la France et l'Europe ont continué à investir dans les métiers de base des écotechnologies : énergie, eau, etc... alors que sous la pression des marchés financiers et de la rentabilité à court terme, certains secteurs industriels avaient quasiment disparu aux Etats-Unis (la construction nucléaire en est le paradigme). Nous comptons actuellement en Europe la plupart des géants mondiaux de l'énergie et de l'eau, ainsi que des instituts de recherche actifs. On peut donc supposer que ces laboratoires publics et privés, ces instituts de recherche et ces grandes entreprises regorgent de pépites technologiques qui peuvent engendrer les start-up de demain.

La France a déjà manqué certaines des premières étapes. Ainsi les géants de
l'éolien se sont constitués essentiellement en Allemagne, au Danemark et en Espagne. De même, le récent Salon des Energies Renouvelables était dominé par les entreprises allemandes des secteurs du photovoltaïque et de la biomasse. Pourtant, la France compte quelques belles réussites, tel le
déploiement à grande échelle des systèmes « Vélov' » ou « Vélib' », ou quelques belles start-ups, telle Bionersis - concepteur et exploitant d'installation de biogaz - dont la valorisation est passée en quelques mois de quelques centaines de milliers à plusieurs dizaines de millions d'euros.

Shai Agassi, le plus bel exemple de l'analogie entre TIC et cleantech


Mais justement, si la première bulle s'est dégonflée faute d'expérience et
d'une base solide, les « cleantech » doivent impérativement s'inspirer des règles qui prévalent dans les technologies de l'information et de la communication (TIC). En Californie et en Israël, Shai Agassi, qui développe le projet « A better place », précédemment fondateur d'une start-up dans le logiciel, puis passé au plus haut niveau chez SAP, est sans doute l'un des meilleurs exemples des analogies entre TIC et cleantech : son projet extrêmement ambitieux est financé à hauteur de plus de cent millions de dollars et sa voiture électrique, soutenue par Renault et Carlos Ghosn, était un des clous du voyage d'état du Président Sarkozy en Israël.

Mais quelles sont les leçons à tirer de la bulle ? Il est d'abord et avant
tout question de solidarité de destin dans des domaines où l'innovation ouverte règne : cette solidarité doit être animée par des associations de terrain, sans parti pris, et se partage, culture comprise, du citoyen aux institutions.
Si les médias classiques n'ont toujours pas réussi à démontrer leur capacité à prendre le « virage Internet », dans le secteur de l'environnement le démarrage semble meilleur. EDF et ses énergies renouvelables en sont un bon exemple, mais les « grands » doivent veiller et favoriser le développement des « petits » et les amener, plus comme partenaires qu'en tant que vassaux, vers des marchés pilotes en France et à l'international.

Par ailleurs, le financement bancaire et de capital investissement doit
pouvoir permettre d'accompagner des entreprises plus nombreuses, très tôt et de façon plus rapide. Rappelons-nous que Dailymotion - créé avant YouTube - avait péniblement bouclé son premier tour de table bien après le troisième du californien racheté rapidement pour près de 2 milliards de dollars par Google.

Enfin, au sein des projets éco-innovants développés par les collectivités,
les premières concernées par cette vague verte en termes de bienfaits, mais aussi de création de richesse, une part de leur réalisation et des marchés qui en découlent doit être réservée de façon systématique à des Jeunes Entreprises Innovantes (JEI).

Voilà en tout cas de quoi souhaiter que la bulle Internet ait laissé des
traces... le développement des Cleantech a bien besoin de ses enseignements et des années où péniblement les entrepreneurs français des TIC et ceux qui les accompagnent ont dû analyser les raisons d'une crise et rétablir les conditions de la confiance... sans malheureusement jamais réussir à rivaliser avec les acteurs californiens !

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