Cela devrait être l'une des sensations du salon Pollutec qui s'ouvre demain à Lyon : le « Renault Premium Hybrys Tech » est un camion à ordures hybride. Testé cet automne dans l'agglomération lyonnaise, cette technologie permet de réduire de 30% les émissions de CO² du véhicule par rapport à ses congénères à moteur diesel. Un progrès écologique mais aussi auditif puisque l'hybride réduit sensiblement le bruit de cet engin utilisé notamment le matin et la nuit. De quoi préserver le sommeil et les poumons de l’« homo-urbanus ».
Basé sur un modèle « classique », le Premium Distribution Hybrys Tech se distingue donc par sa double motorisation : un moteur diesel DXi 7 Euro 5 Incentive de 320 chevaux combiné à un moteur électrique MDS (Motor Drive System). « Le véhicule démarre à l’électricité. Une fois qu’il est en mouvement, le moteur diesel prend le pas. La bascule d’un mode à l’autre est automatique, le pilotage électronique garantissant une optimisation de la consommation » explique Jean Gauquelin, directeur Solutions Alternatives chez Renault Trucks. Le moteur électrique assure donc la propulsion du camion jusqu’à 20 km/h, soit pendant les phases de ramassage. Pendant les trajets « hors ville », c'est le moteur diesel qui prend le relais.
Et le tout sans passer par la case recharge. En effet, pour ce modèle, le constructeur du groupe Volvo a développé une technologie dite « parallèle ». L’énergie cinétique du véhicule est récupérée lors du freinage ou des phases de décélération pour être transformée en électricité. Les batteries fonctionnent donc en autonomie. Un principe qui vaut aussi pour la benne à ordures, dont la batterie est rechargée par les mouvements du véhicule et non par le moteur diesel du camion.
L'hybride pour relancer les commandes ?
Pour mener à bien ce projet, les équipes de Renault Trucks ont dû bien s'entourer. D'abord de l’entreprise Sita (Suez Environnement) et du Grand Lyon, impliqués au rang de partenaires de l'opération. Mais aussi, en travaillant en bonne intelligence avec leurs fournisseurs habituels. Le carrosier Faun a ainsi été mis à contribution pour réaliser une benne adaptée au cahier des charges de l'Hybrys Tech. De même, le constructeur a opté pour l'association du pneu Michelin X InCity XZU3 aux jantes en aluminium Dura-Bright Wheels d’Alcoa. Un ensemble qui se traduit par une roue particulièrement "légère".
Dans un marché du camion en pleine crise - Renault Trucks prévoit 90 jours de chômage partiel en 2009 –, l'hybride semble une réelle opportunité pour la marque même si le chemin sera long. « Le développement sera progressif, car cette technologie nécessite de former notre réseau pour apporter à nos clients un service adapté. Nos clients voudront aussi qu’on leur prouve la rentabilité de ces produits : ils vont analyser les gains que ce produit pourra leur apporter », précise Jean Gauquelin.
En attendant cette « révolution hybride », les tests lyonnais reprendront début 2009. Au ramassage des ordures s'ajouteront d'autres métiers de la distribution urbaine : « Nous envisageons de tester cette technologie avec d’autres partenaires sur l’année 2009, comme Coca-Cola pour la distribution de boissons dans l’agglomération bruxelloise ». La commercialisation du Renault Premium Hybrys Tech est prévue pour fin 2009.
Baptiste Roux Dit Riche
lundi 1 décembre 2008
Un camion hybride pour le ramassage des ordures
mercredi 19 novembre 2008
Le tour du monde en bateau solaire

Voilà dix jours que les participants du Vendée Globe ont largué les amarres. Raphaël Domjan (à gauche sur la photo ci-dessous), lui, rêve d'un autre tour du monde. En 2010, ce navigateur suisse s'élancera pour une boucle de 40 000 kilomètres sur PlanetSolar, un catamaran propulsé à l'énergie solaire. Une première mondiale pour cet ingénieur de 36 ans dont les premiers ronds sur l'eau remontent à l'adolescence, sur le lac de Neuchâtel. « J'ai envie de démontrer que l'énergie solaire n'est pas une technologie de laboratoire, qu'elle fonctionne aussi pour des usages tout public ».
Son projet débute en 2003. Sans un sou et sans véritable réseau, Raphaël Domjan frappe à toutes les portes : études de faisabilité, rencontres avec des scientifiques, démarchage de partenaires financiers... Son abnégation paye. Le projet suscite l'intérêt des spécialistes et des mécènes. Mieux, PlanetSolar se trouve un parrain prestigieux en la personne de Gérard d'Aboville (à droite sur la photo ci-dessous). « Raphaël m'a contacté et j'ai voulu en savoir plus. C'est notamment l'aspect navigation qui m'a attiré parce qu'il permet d'aborder de nouveaux paramètres ». Le célèbre navigateur deviendra finalement co-skipper de l'embarcation.
Un incroyable défi
Mais au-delà de l'aventure humaine, le projet PlanetSolar est avant tout un challenge technologique. Celui de construire le plus grand bateau solaire du monde : 30 mètres de long, 470 m2 de surface photovoltaïque, 10 noeuds de moyenne ; le tout pour une dépense d'énergie ne dépassant pas celle d'un scooter. Bref, un véritable casse-tête pour l'équipe d'ingénieurs qui a dû déterminer les mensurations du navire en fonction du parcours.
Car PlanetSolar doit résoudre une équation a priori impossible : utiliser peu d'énergie mais être solide et rapide. La propulsion du catamaran, la conception des panneaux solaires et le stockage de l'énergie sont autant de défis à relever. « Chaque gain d'efficacité est déterminant. On travaille notamment sur un système de grandes hélices qui apportent 80% de rendement contre 10 à 50% habituellement, précise Raphaël Domjan. Plus globalement, PlanetSolar crée des problèmes industriels énormes. La charge de batterie représente par exemple 5 à 6 mois de production d'une usine de batteries. »
Le choix du fournisseur de dalles solaires est imminent. On sait d’ores et déjà que les panneaux offriront un rendement de 22% et qu’ils généreront une puissance de 103,4 kilowatts (138,7 chevaux). Cela, sachant que les moteurs consommeront une puissance moyenne de 20 kilowatts (26,8 chevaux). Pour le stockage de l’énergie, le projet PlanetSolar fera appel à une batterie lithium.
Dernier élément : la navigation. Durant leurs 120 jours de périple, les deux skippers devront jouer avec les éléments pour maintenir leur production d'énergie. Ils bénéficieront dans cette tâche d'un logiciel dédié. Lequel étudiera l'état des vents et de l'ensoleillement pour déterminer la façon la plus économique de relier un point A à un point B. Quitte à emprunter des voies d'habitude délaissées par les navigateurs.
Un bateau d'avenir
Pour ses créateurs, PlanetSolar est une occasion unique de promouvoir l'énergie solaire, comme le résume Gérard d'Aboville : « C'est une démonstration exceptionnelle de ce qu'on peut faire avec des panneaux solaires, un fait marquant dans l'histoire des énergies renouvelables. Un peu comme la tour Eiffel en son temps a démontré la solidité de l'acier. ». Ainsi, certaines innovations du PlanetSolar pourraient trouver prochainement des débouchés dans l'univers maritime et notamment pour la pêche artisanale.
En attendant, la phase cruciale de fabrication du catamaran débutera en décembre pour 12 mois, suivie de 3 mois de test avant le grand départ en Méditerranée. A l'issue de son périple, PlanetSolar sera reconverti en yacht par Immo Ströher, mécène du projet. De quoi prouver, d'une toute autre façon, les bienfaits de la propulsion solaire.
Baptiste Roux Dit Riche
---
Une animation en 3D pour découvrir le PlanetSolar
Les grands frères du PlanetSolar
* Les pionniers
Si le bateau solaire a le vent en poupe, il n'en est pourtant pas à ses tout débuts. Depuis les années 80, plusieurs projets d'embarcation ont déjà utilisé cette technologie. C'est le cas du très expérimental Solar Glisseur de Roger Martire présenté au salon nautique de Paris en 1982. Plus proche de nous, le Solar Sailor a été mis à l'eau en 2000. Pour naviguer dans le port de Sydney, ce ferry combine énergie solaire et éolienne, afin de réduire sa consommation de carburant.* L'autre « recordboat » : le Sun21
Un autre catamaran solaire suisse pour une autre première mondiale : la traversée de l'Atlantique. Le 8 mai 2007, le Sun21 de l'association « Transatlantic21 » reliait New-York après un périple de 7000 miles marins. Ce bateau de 14 mètres de long s'est depuis offert une seconde vie. Il est désormais au service du WWF Adena/Madrid dans le cadre de recherches scientifiques.* Pour le tourisme : l'Aquabus
Commercialisé par la société MW-Line, l'Aquabus est une solution propre et économique pour les transports de touristes sur des plans d'eau ou à proximité des côtes. Disposant d'une propulsion hybride (électrique et solaire), l'Aquabus est proposé dans différents modèles en fonction des utilisations ou du nombre de passagers. A découvrir sur le lac Léman (Evian, Yvoire, Thonon et Lausanne) ou encore aux Embiez pour une promenade en mer Méditérannée.
vendredi 11 juillet 2008
Les voitures électriques, plus chères que les voitures à pétrole ?
Vu sur le blog...
...de Philippe Boucher (sa bio), auteur du blog "blogvert".
Les voitures électriques, deux à trois fois plus chères que les voitures à essence ?
C'est ce qu'écrit Nathalie Brafman dans cet article du Monde consacré aux efforts de Renault dans ce secteur, notamment un récent accord au Portugal.
Quelle est la base d'une telle (sur)estimation? Tentative de convaincre à l'avance les futurs clients qu'ils ne doivent pas espérer une baisse des prix? Moi qui pensais que justement la voiture électrique revenait moins cher, tant à la construction qu'à l'usage... Je m'interroge sur ce genre d'estimation alors que la Prius (pour ne citer qu'elle) ne coûte pas plus cher qu'une voiture dinosaure.
L'article du journal Le Monde qui a fait réagir Philippe Boucher :
L'alliance Renault-Nissan veut imposer rapidement sa voiture électrique. Après Israël et le Danemark, c'est au Portugal qu'elle a signé avec le gouvernement un accord pour favoriser l'utilisation des voitures électriques grâce à la création d'un réseau national de stations de rechargement des batteries.
Tout s'est fait très vite ; les premiers contacts entre le gouvernement portugais et Carlos Ghosn, président du constructeur automobile, ont eu lieu en mai lors d'une manifestation, organisée par Nissan, présentant une multitude de modèles du groupe.
Pour l'instant, le gouvernement portugais n'a pas fait voter d'incitations fiscales. Or, le soutien du gouvernement est indispensable pour convaincre les clients de se tourner vers ce type de motorisation. En Israël, une loi a abaissé la taxe sur les voitures électriques à 30 % jusqu'en 2019, alors que les autres véhicules subissent une taxe de 72 %. Au Danemark, le gouvernement a aussi décidé de mettre en place des incitations fiscales.
Renault-Nissan devra adapter ses batteries aux besoins de chaque pays. En Israël, par exemple, 100 kilomètres d'autonomie sont largement suffisants. Le pays est tout petit et les Israéliens roulent en moyenne moins de 50 kilomètres par jour. En revanche, aux Etats-Unis, où la voiture électrique doit être lancée en 2010, elle ne commencera à être intéressante qu'à partir de 100 miles (160 kilomètres). Mais Renault ne s'interdit pas d'imaginer des solutions hybrides (électrique-essence) pour rassurer les clients. "On pourrait imaginer une voiture électrique munie d'un moteur à essence qui prendrait le relais en cas de panne", indique Renault.
Une gamme entièrement nouvelle
Pour réussir le pari de la voiture électrique, les constructeurs devront dessiner une voiture totalement nouvelle, et non se contenter de transformer un véhicule déjà existant. Renault s'est engagé à créer toute une gamme de modèles électriques. "Ce sera une voiture très moderne, avec un design attractif et qui sera très rapide", indique-t-on chez Renault. De même, le groupe n'exclut pas de construire des usines de batteries.
Reste un problème : le prix. L'accès à cette technologie coûte deux à trois fois plus cher qu'un moteur à essence. Des solutions devront être imaginées pour alléger ces coûts et mettre à égalité de prix une voiture à essence et une voiture électrique sans batterie. L'idée la plus couramment avancée consiste à louer la batterie et à la changer dès qu'elle sera déchargée.
En se lançant dans la voiture électrique, Renault ne prétend pas régler le problème de la cherté du pétrole. Mais le constructeur estime que jamais la conjoncture n'a été aussi favorable à la voiture "zéro émission de CO2". Selon M. Ghosn, le potentiel du marché à l'horizon 2015 s'élèverait à 10 millions de véhicules.
Néanmoins, rapportée au milliard de voitures qui devraient circuler dans le monde dès 2010, cette motorisation sera encore très marginale. Mais compte tenu des incertitudes sur la hausse du prix du baril de pétrole, la croissance pourrait connaître une accélération.
Dans ce contexte, Renault-Nissan espère multiplier les accords. En France, le groupe discute avec des entreprises et des villes. Le constructeur s'est aussi déjà mis sur les rangs pour signer avec Londres et proposer son offre pour les Jeux olympiques de 2012.
mercredi 25 juin 2008
Salon de l’aviation verte : la propulsion électrique à l’honneur
La première édition du salon de l’aviation verte s’est tenue du 20 au 22 juin dernier au Musée de l’air et de l’espace au Bourget. L’occasion de réunir en un même lieu un ensemble de projets innovants dont la vocation de réduire l’impact du transport aérien sur l’environnement. L’objectif des travaux de recherche en cours est de substituer aux moteurs thermiques des moteurs propres et silencieux.
A cet égard, la part belle a été donnée aux engins propulsés électriquement, alliant le plus souvent cellules photovoltaïques et pile à combustible.
Symbole de ce mouvement, l’Apame (Association pour la promotion des aéronefs à motorisation électrique), à laquelle adhèrent près de 300 membres du monde entier, tenait un stand au salon où étaient exposés ses projets en développement. Parmi eux, « Electron libre », l’ULM pendulaire équipé d’un moteur électrique de 20 cv, mais aussi et surtout l’avion Electra. Première mondiale : cet avion électrique, équipé d’un moteur de 25 cv et de batteries Lithium-Polymère, a réussi l’exploit le 23 décembre 2007 de voler pendant 48 minutes, sur une distance de 50 km en circuit fermé et à une vitesse de 75 km/h. Le pilote/ingénieur d'essais Christian Vandamme, gérant d'ACV Aéro Service, a réalisé cet essai historique à partir de l'aérodrome d'Aspres sur Buëch (Hautes Alpes). Pour connaître les spécificités techniques d’Electra, cliquez ici.
Autre projet remarquable : Hy-Bird de Lisa Airplanes, dont la maquette était présentée au salon. Le pari est de réaliser un tour du monde avec cet aéronef électrique (solaire et hydrogène) en juillet 2009. Des cellules photovoltaïques tapissent les ailes et l’empennage : elles fourniront l’énergie nécessaire pour le décollage ainsi que pour les alimentations auxiliaires, tandis que la pile à combustible alimentera l’avion pour son vol en vitesse de croisière.
Si ce tour du monde servira de « preuve de concept », d’autres projets prévoient des applications plus utilitaires. C’est le cas du drone électrique Sun-H2-12, prototype de la société belge Sun-H2 créée en 2007. L’alimentation électrique de cet aile sans pilote de 12,5 m d’envergure est mixte : à base de pile à combustible, d’une part, afin d'assurer la puissance nécessaire à la montée en altitude et pour le vol de nuit ; et, d’autre part, à base d'énergie solaire produite le jour par les cellules photovoltaïques (encapsulées, pour le vol en palier. Les premiers tests en vol pour évaluer et valider différents paramètres vont avoir lieu cet été 2008 sur la base d’un premier prototype équipé de batteries de type Lithium-Ion-Polymère. Lire ses caractéristiques, ainsi que les champs d’application.
Parmi les projets fous, celui mené par une quinzaine d’élèves de plusieurs écoles (Essec, EPF, Insa Lyon, UTC Compiègne).
Leur défi consiste à réaliser Sol'R, un dirigeable monoplace propulsé par énergie photovoltaïque. L’équipe ambitionne de traverser la Manche à l’occasion du centenaire de l’exploit de Blériot en 1909. A plus long terme, l’objectif est d’entrer dans une phase d’industrialisation de cette innovation.
5 autres projets :
* L’avion solaire Solar Impulse
* Le dirigeable à hydrogène Voliris
* L’ULM électrique ElectroTrike d’Electravia
* Les drones humanitaires de Flying Robots, paramoteurs à voilure flexible.
* Le Zeppy, dirigeable à propulsion… musculaire !
mercredi 4 juin 2008
Trophées de l’innovation du transport public :
3 nominés dans la catégorie « Energie et Environnement »
Le salon Transports publics 2008 qui se tiendra du 10 au 12 juin à la Porte de Versailles à Paris abordera notamment les thématiques de la mobilité durable et de l’impact environnemental et énergétique des transports.
Les 3 nominés dans la catégorie « Energie et Environnement » sont :
- l'Hynovis d'Iveco France, le concept bus d'Iribus Iveco.
- le Cyclocity de JC Decaux, un système de vélo en libre service.
- l'AGC bibi de Bombardier, le premier train hybride bi-mode et bi-carburant au monde.
Les autres candidats dans la catégorie « Energie et Environnement » :
- Le capteur boucle magnétique Zelt d’Eco-Compteur, pour le comptage des cyclistes.
- Le Decking, le parking écologique d’Effia.
- Le moteur diesel fonctionnant à l'éthanol E95 de Scania France.
- La NéoGreen Power (Ground Regenerative Electricity for Economic Network Power from Adeneo) d’Adetel Group.
- Le train à crémaillère du Puy-de-Dôme de SNC-Lavalin.
- Végécol, un enrobé à base de liant végétal (substitut de bitume) pour voies de bus, de Colas France.
- Le Système embarqué d'Autonomie Traction sur les tramways Citadis d'Alstom.
- Le bus hybride Urbino 18 de Solaris Bus & Coach SA.
