TribuneVanessa Godefroy, Responsable de l’activité Energie d’Alcimed.
En mars 2007, les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont approuvé un plan d’action pour une politique énergétique commune fixant un objectif de 20% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale de l’Union Européenne d’ici 2020. Cet objectif ambitieux (la part d’énergies renouvelables étant à ce jour de 8,5%) nécessitera de miser tant sur les technologies établies que sur les filières proches de la maturité mais encore peu exploitées aujourd’hui.
A cet égard, l’industrie photovoltaïque constitue un formidable levier dans le domaine des cleantechs. Elle repose aujourd’hui essentiellement sur les technologies à base de silicium (cristallin et amorphe). Le silicium cristallin, technologie établie et désormais mature, domine très largement avec près de 90% de parts de marché. Le silicium amorphe présente quant à lui des atouts importants pouvant en faire un puissant relais de croissance pour le photovoltaïque.
La principale différence entre ces deux technologies, toutes deux basées sur le silicium, réside dans la structuration des cellules photovoltaïques, et par conséquent dans les procédés de fabrication.
Le triple avantage du procédé de fabrication des cellules en silicium amorphe
Alors que les cellules photovoltaïques à base de silicium cristallin sont constituées de couches de silicium ordonné, ce qui nécessite un procédé lourd et coûteux, les couches de silicium amorphe présentent une structure désordonnée. En raison d’un coefficient d’absorption de la lumière du spectre solaire nettement plus élevé, l’épaisseur de la couche de silicium amorphe est considérablement réduite : il est déposé en « couche mince », une épaisseur 300 à 400 fois moindre que celle d’une cellule à base de silicium cristallin.
Le procédé de fabrication des cellules à base de silicium amorphe présente le triple avantage d’être moins complexe, moins énergivore et de consommer nettement moins de matières premières que le procédé de purification multi-étapes de production des cellules en silicium cristallin.
On peut alors s’interroger sur les raisons de la nette prédominance du cristallin. La différence de rendement entre les deux technologies est a priori souvent évoquée : les systèmes photovoltaïques à base de silicium cristallin atteignent des rendements d’environ 15%, une valeur à diviser par deux pour le silicium amorphe.
En réalité, on comprend mieux la domination du cristallin quand on relit l’histoire du photovoltaïque. En effet, le développement du photovoltaïque dans les années 1960 s’est appuyé sur celui de l’industrie des semiconducteurs (qui nécessite du silicium cristallin ultra pur), tandis que les techniques de production de couches minces n’étaient que très peu connues.
Jusqu’au boom relativement récent du photovoltaïque, le silicium utilisé pour les cellules était ainsi majoritairement issu des rebuts de l’électronique. Les cellules à base de silicium cristallin ont progressivement gagné en rendement au fur et à mesure de leur développement, la filière plus récente de l’amorphe n’ayant pas encore connu une telle courbe d’apprentissage et de développement.
Les toitures industrielles, un champ d’application très pertinent
Le déficit de rendement du silicium amorphe peut être comblé en augmentant la surface des couches minces. Les systèmes à base de silicium cristallin sont déployés à grande échelle, tandis que les couches minces sont encore majoritairement utilisées dans des applications de petite puissance comme des calculatrices ou des montres. Pourtant, malgré son plus bas rendement, la filière amorphe devient compétitive dans les cas où de grands espaces sont disponibles.
Pour une capacité installée donnée, la surface requise en couches minces est proche du double de celle d’un système à base de silicium cristallin. Cependant, grâce aux coûts de production nettement moins élevés, la solution couche mince ne coûte pas plus cher.
Les toitures industrielles constituent un exemple d’application particulièrement pertinente pour le silicium amorphe. Différents projets voient le jour, comme par exemple l’installation de 10 000 m2 de couches minces sur le toit d’une plate-forme logistique à Sénart en Seine-et-Marne. De plus, la légèreté des couches minces permet d’éviter l’installation d’une structure supplémentaire de renforcement du toit, nécessaire au soutien des modules cadrés en silicium cristallin. Les couches minces sont ainsi livrées en rouleaux et collées directement sur le toit.
Enfin, dernier argument en faveur de l’amorphe pour les toitures industrielles, les couches minces sont moins sensibles à une occultation partielle de la surface ou à des températures externes élevées que le silicium cristallin.
Les couches minces à base de silicium amorphe représentent donc une technologie photovoltaïque à fort potentiel. Il ne faut pas non plus oublier les autres filières en développement, peu connues comme par exemple des couches minces à base de tellure de cadmium ou de matériaux organiques.
Dans un contexte de soutien politique marqué, nul doute que l’industrie en pleine croissance de l’énergie photovoltaïque connaîtra une montée en puissance des couches minces en silicium amorphe. On peut d’ailleurs estimer que ses parts de marché dans le photovoltaïque, actuellement d’environ 5%, vont au moins doubler d’ici 2020.
vendredi 12 décembre 2008
« Photovoltaïque : le bel avenir des couches minces en silicium amorphe »
mardi 25 novembre 2008
Il pleut du capital-investissement sur les toits photovoltaïques
La semaine dernière, coup sur coup, deux opérateurs d’électricité solaire, 8’33 et Solairedirect, ont annoncé des augmentations significatives de capital.
Lire :
* 8'33 augmente sa capacité d'investissement
* Solairedirect entend garantir la sécurité énergétique du sud-est de la France
Solairedirect entend garantir la sécurité énergetique du sud-est de la France
« Il y a quinze jours, sur la Côte d’Azur, trois millions de personnes ont été privées d’électricité pendant trois heures, lance tout de go Thierry Lepercq (photo ci-dessous). La région a vécu un vrai mouvement de panique. »
Un mouvement de panique que le PDG de Solairedirect, ayant rencontré plusieurs élus de Paca, qualifie même d’« économique » : « les infrastructures d’approvisionnement énergétique de la région souffrent d’une vraie faiblesse en termes de transport électrique. » La région Paca produit 25% de l’électricité qu’elle consomme, le reste étant importé de l’électricité nucléaire de la vallée du Rhône.
L’objectif de Solairedirect est de combler cette déficience énergétique régionale. Pour se donner les moyens de son ambition, Solairedirect, fondé en 2006, vient notamment de renforcer son capital. Il annonce une levée de fonds de 20 M€. La deuxième après celle de 6 millions d’euros réalisée en mars 2007. Un second tour bouclé auprès de ses actionnaires historiques (Demeter Partners, Schneider Electric Ventures, TechFund), qui injectent 10 M€, et de mutuelles d’assurances (Macif, l'AGPM, l'UMR, ainsi qu’Ofivalmo Partenaires).
« Cette augmentation de capital survient alors que nous avions déjà atteint un stade d’industrialisation de nos activités », affirme Thierry Lepercq. L’entreprise compte 150 collaborateurs et 1500 clients – des installations résidentielles chez des particuliers pour la quasi-totalité. Fin 2008, le chiffre d’affaires devrait s’élever à 25 millions d’euros et le fort volume d’affaires en cours devrait se solder par un CA en 2009 en forte hausse à hauteur de 200 millions d’euros environ.
Parallèlement, l’opérateur solaire développe actuellement dans le sud-est une trentaine de parcs solaires d’une puissance cumulée de 300 MW, soit un potentiel de revenus équivalent à 1,2 milliards d’euros !
Le coût du module photovoltaïque en baisse, inférieur à 3 euros/watt« Le tarif de rachat subventionné du kilowatt solaire, c’est comme les roulettes d’un vélo, il faut se préparer au moment où on retirera les roulettes », dit Thierry Lepercq. Et d’après lui, dans la région sud-est, Solairedirect pourra retirer ses roulettes à l’horizon 2011. En France, le premier parc (voir photo ci-dessus) – d’une puissance de 4,2 MW - à avoir obtenu un permis de construire suite à une enquête publique, est en cours de construction à Vinon-sur-Verdon (Var), dans le cadre de Solaire Durance, société détenue conjointement par Solairedirect et la Caisse des Dépôts. Le chantier est en cours d’achèvement.
La mise en opération de la centrale solaire débutera au printemps 2009. L’autonomie énergétique de la petite ville varoise de 4000 habitants est prévue pour la fin de l’année prochaine.
Pour répondre à la progression de son volume d’affaires, Solairedirect, en plus de mettre en œuvre et d’exploiter des réseaux de production décentralisée, produit ses propres modules photovoltaïques. Plus exactement, il fabrique 30% des modules liés à ses projets, et se fournit, pour les 70% restants, chez l’Allemand Centrosolar, et le Chinois Yingli.
L’opérateur fabrique ses modules solaires dans sa première unité de production basée en Afrique du Sud à Cape Town et gérée par sa filiale Solairedirect Technologies. Cette unité fournit une capacité de production de 36 MW. « Sur une ligne de production, nous positionnons 16 personnes, quand Tenesol en a besoin de 64 », se targue Thierry Lepercq. Le patron de Solairedirect peut avancer une telle comparaison puisque la direction de l’usine de Solairedirect Technologies est assurée par Stéphane Jallat, lequel fut à l’origine des activités de fabrication de modules photovoltaïques de Tenesol en Afrique du Sud à… Cape Town.
Pour sa production de modules, Solairedirect a signé un contrat pluriannuel d’approvisionnement de cellules avec l’Allemand Q-Cells. « Notre processus de fabrication industrialisé participe à la réduction du coût des modules, indique Thierry Lepercq. De 3,6 euros le watt en 2007, on atteint aujourd’hui des prix inférieurs à 3 euros le watt. »
L’équipe de Solairedirect
- Thierry Lepercq, Président de Solairedirect. HEC, il est notamment en charge de l’activité parcs solaires et des financements. Il apporte son expertise de la création et du développement d’entreprises de technologie, d’ingénierie financière et de la négociation de rapprochements et de partenariats. Après une carrière de banquier d’affaires dans le secteur des hautes technologies (Bankers Trust, Banque Arjil, Oddo), il monte en 1999 NetsCapital, le premier établissement financier dédié aux sociétés de technologie, puis en 2003 Novatio Partners, un cabinet de conseil spécialisé dans l’innovation dans le secteur de l’énergie. Il a notamment coordonné les travaux du Réseau Innovation Energie, réunissant de grands énergéticiens et des capital-risqueurs.
- Amaury Korniloff, Directeur Général délégué, en charge des activités résidentielles et tertiaires.Mines de Paris, il apporte l’expertise du marketing stratégique dans le secteur de l’énergie et du développement d’activités nouvelles dans le secteur. Après différentes fonctions dans le groupe Shell (Chef de service Matériel, Directeur Etablissement de distribution), il prend la Direction Stratégie et Marketing de Butagaz en 1998. Il devient en 2004 Directeur du développement de Poweo.
- Stéphane Jallat, Managing Director Solaire Technologies. Il assure chez Solairedirect la direction de l’usine de production de panneaux solaires en Afrique du Sud. Il a également la responsabilité des partenariats industriels. Supelec, il apporte l’expertise du management de process industriels et de la négociation de partenariats industriels. Il a été à l’origine de l’activité industrielle de Tenesol, filiale photovoltaïque de Total et EDF. Il était précédemment Directeur Général de Tenesol (Afrique du Sud), une unité industrielle de fabrication de modules photovoltaïques.
- Abdel Bounia, Directeur Parcs Solaires. Il a un diplôme d’ingénieur britannique (B Eng Paisley University) et apporte l’expertise de l’ingénierie photovoltaïque et électrique ainsi que de la gestion de projets. Après une carrière chez Tenesol il a rejoint Photowatt, premier producteur français de cellules et modules photovoltaïques pour prendre la responsabilité de l’activité ingénierie.
- Pierre-Yves Lenglart, Directeur des marchés professionnels. Ingénieur agronome, titulaire d’un MBA HEC, il apporte sa connaissance des marchés industriels et son expérience de management international développée dans le groupe Tetra Laval (Tetra Pak, Sidel) en France, Afrique du Nord, Hongrie et Italie.
- Nicolas Sadon, Directeur du développement parcs solaires. Diplômé de Sciences Po Aix et de l'EM Lyon, et titulaire d’un Master en Aménagement du territoire, il apporte sa connaissance des collectivités locales et de l’administration. Il a précédemment exercé des missions de conseil pour le groupe Altran, puis rejoint l’administration sur des missions de développement économique pour l’Ambassade de France en Afrique et d’aménagement du territoire autour du projet ITER pour la Préfecture de Région Paca.
- Stéphanie Gosset, Directrice Marketing et Commerciale. Diplômée de Centrale elle apporte l’expertise du marketing stratégique et opérationnel, ainsi que la connaissance de la gestion de réseaux de distribution et d’installation dans le domaine de l’énergie. Elle était précédemment Directrice Marketing et Stratégie de Butagaz.
- Jean-Pascal Pham-Ba, Secrétaire Général de Solairedirect. Diplômé en Droit économique et financier de l’Université de Paris I Sorbonne, il structure l’ensemble des relations juridiques et sociales du groupe. Il était précédemment avocat au sein du cabinet Gide Loyrette Nouel où il accompagnait des énergéticiens et des établissements financiers internationaux en matière d’entreprises communes, de réorganisaton et de contentieux haut de bilan.
- Pierre Casado, Directeur Financier. ESCP, il apporte l’expertise des financements structurés et de la gestion de services environnementaux long terme aux Collectivités locales. Après différentes fonctions à la direction financière du groupe Total (ingénieur financier, responsable de la salle des marchés, chargé d’affaires M&A), il rejoint le cabinet de conseil en management McKinsey où il est consultant dans les domaines de la stratégie et de la finance d’entreprise. De 2002 à 2008, il est directeur financier puis secrétaire général du groupe Saur, un des leaders français des services aux collectivités locales dans les domaines de l’environnement.
- Patrick Braut, Directeur Ingénierie. Diplômé de l’Institut Supérieur d’Electronique du Nord. Il apporte son expérience de l’ingénierie des systèmes, développée dans les groupes Nortel Networks et Alcatel Lucent en France, Asie, Etats Unis ou il était responsable de l’ingénierie des réseaux Gsm et de leurs performances.
lundi 24 novembre 2008
Toiture solaire étanche : 8’33 lève 2 millions d’euros
8 minutes et 33 secondes, c’est le temps du voyage d’un photon du soleil à la terre. Deux ans, c’est le temps que 8’33, exploitant de centrale solaire de toiture, aura du patienter avant de signer sa première importante levée de fonds : avec le conseil de Chausson Finance, il lève 2 millions d’euros auprès de OTC Asset Management.
Fin 2007, 8’33 avait sécurisé 200.000 euros de « love money ». Cette augmentation de capital de deux millions d’euros va renforcer sa capacité d’investissement sur ses projets de centrales solaires. « Ces projets se montent avec une partie, environ 10%, basée sur les fonds propres, une autre, 90%, reposant sur de l’emprunt, du crédit bail », explique Bruno Jauffret, directeur marketing.
Immatriculée fin octobre 2006 et dirigée par une équipe composée d’anciens professionnels du monde de l’informatique et des télécommunications (voir ci-dessous), la jeune société 8’33 se positionne sur le créneau de la toiture photovoltaïque étanche (toits terrasse d'une superficie supérieure à 5000 m2). La jeune entreprise étant partie d’un constat chiffré : en France, chaque année, 20 millions de m2 de toits industriels sont rénovés ou construits. Sur ce segment, 8'33 rivalise avec des sociétés comme Urbasolar, EDF Energies Nouvelles ou encore Solairedirect, même si cet opérateur déploie ces installations en majorité chez les particuliers.
Aujourd’hui, 8’33 revendique la mise en opération de trois centrales solaires de toiture étanche pour une puissance de 250 kWc. Une dizaine de projets sont en cours de mise en œuvre. « 1,5 MWc sont dans le « pipe », dit autrement Bruno Jauffret. Cela sachant que notre objectif est d’atteindre, pour notre parc, une puissance de 30 MWc dans les deux ou trois ans à venir. »
La technologie retenue par 8’33 pour ses modules photovoltaïques est le silicium amorphe triple jonction, ce qui contribuera à éviter une « fracture photovoltaïque » de la France, avec le déploiement de centrales solaires sur tout le territoire, et pas seulement dans les régions méridionales.
Pour répondre aux différentes topographies du toit du bâtiment, 8’33 travaille avec plusieurs fournisseurs de membranes solaires étanches : Alwitra, Solarintegrated, ou encore Centrosolar. « Cela nous permet d’optimiser la surface couverte par les différents modules de ces fournisseurs, de taille et de performance sensiblement différentes d'un fabricant à l'autre, précise Bruno Jauffret. Et puis, comme dans tout autre secteur industriel, il serait « risqué » de ne miser que sur un seul fournisseur et de dépendre de leurs possibles aléas de fabrication. »
Reste que pour le directeur marketing de 8’33, la clé de voûte de ce nouveau métier est à chercher du côté de l'onduleur. « Les onduleurs certifiés par des fabricants de modules photovoltaïques comme Uni-Solar sont loin d’être légion », indique-t-il. Sur ce volet, 8’33 s’en remet à deux fabricants d’onduleurs SMA et Frönius.
L’équipe de 8’33
* Loïc Mairesse, co-fondateur de 8’33. Dix-sept ans d'expérience sur les marchés financiers dont le pilotage d'offres innovantes auprès des investisseurs institutionnels chez CPR Asset Management. Impliqué dans des projets EnR depuis 2005.
* Emmanuel Berthod, co-fondateur de 8’33. Quinze ans d'expérience dans la gestion d'entreprises de haute technologie. Les cinq dernières années consacrées exclusivement au marché des énergies renouvelables. Directeur général de Conergy France jusqu'au 1er janvier 2008, principal distributeur de matériel photovoltaïque avec 30% du marché français.
* Bruno Jauffret, directeur marketing et communication. Techno-évangéliste infatigable depuis 20 ans et « serial-entrepreneur » dans le secteur des nouvelles technologies, précédemment co-fondateur et Directeur Marketing de Sparus Software.
* Alain Montfort, directeur des opérations de 8,33. Etait précédemment Directeur de Business Unit chez Ericsson.
mardi 17 juin 2008
Solaire : Xtreme Energetics fait appel aux transistors de HP
Selon Colin Williams, CEO de Xtreme Energetics, l’association de la technologie de HP avec leurs propres technologies permettra de produire des panneaux solaires deux fois plus performants et deux fois moins chers. C’est donc une petite révolution que promet Xtreme Energetics.
Grâce à ce procédé, les deux entreprises espèrent convertir 43 % du rayonnement solaire - le rendement est plutôt autour de 20% aujourd’hui – pour un coût de 1,5 dollar par watt. Xtreme Energetics prévoit de commercialiser ses panneaux d’ici deux ans.
En dehors du rendement énergétique, l’intérêt de tels panneaux est leur transparence. Ils pourront plus facilement être intégrés dans les bâtiments puisqu’ils laissent passer une partie de la lumière du soleil.
Voir "Solaire : bientôt des panneaux 2 fois plus performants" sur Greenit.fr
mercredi 4 juin 2008
L’idée lumineuse du docteur Gennaro Bracale
Le concept paraît si ingénieux qu’on se demande pourquoi ce type de solution n’est pas plus répandu en France. SolarSpot, le système de la société italienne Solar Project, dirigé par le docteur Gennaro Bracale, est une technologie d’éclairage naturel diurne. Ce puits de lumière se compose :
- d’un dôme transparent qui capte la luminosité en toutes conditions (ciel ensoleillé, couvert…) tout en filtrant les UV et les infrarouges (donc pas de transmission de chaleur),
- d’un tube (conduit, on parle aussi d’entonnoir optique) super-réfléchissant en aluminium tapissé à l’intérieur d’un film VMF de 3M, qui se distingue par d’excellentes propriétés de réfraction et de réflexion de la lumière,
- et d’un diffuseur, la « bouche » de sortie du conduit qui restitue l’éclairage à l’intérieur des bâtiments. Il existe de nombreuses finitions esthétiques pour ces diffuseurs.
Le produit de Solar Project a été primé en janvier 2008 aux Batiweb Awards 2008 dans la catégorie « Produit pour le développement durable ». Et avait déjà reçu la médaille d’or des produits innovants lors du salon Batimat 2003.
SolarSpot a été retenu par Mougin Investissements dans le cadre du projet de construction de la Cité de l’Habitat de Reims : 300 tubes de 650 mm de diamètre ont été commandés.
Pour un tube de 53 cm, il faut compter environ 600 euros HT. Un système avec un tube de 4m coûtera environ 1000 euros HT.
Deux concurrents de Solar Project :
vendredi 11 avril 2008
Solaire : généralisation du thermique, décollage du photovoltaïque
Fait exprès ? La conférence de presse organisée la semaine dernière par Enerplan, l’association professionnelle de l’énergie solaire, avait lieu quai Branly au restaurant des… Ombres ! Cet évènement était l’occasion de dresser un état des lieux du marché du solaire thermique et de celui du solaire photovoltaïque. En guise d’introduction, André Joffre, président d’Enerplan, a tenu à cadrer le débat, avec son accent méridional : « le solaire, c’est une histoire d’hommes, de régions, de terroirs. Il faut sortir des discussions de salons (parisiens). » Il ne veut pas de ces entreprises qui lèvent beaucoup d’argent et qui se revendent 3 ans après. On sent l’homme, mobilisé depuis de longues années dans la promotion du solaire. André Joffre ne veut pas que « sa » filière explose en même temps que l’éclatement éventuel d’une bulle verte spéculative.
Le solaire thermique
« L’objectif visé par les professionnels et les pouvoirs publics est d’aller vers la généralisation du solaire pour la production d’eau chaude, pour arriver à un marché de masse d’ici 2015. Si l’objectif de la Loi sur l’énergie d’1 million de m² installés par an en 2010 (330 000 équivalents logements) sera atteint avec 1 ou 2 ans de retard, la mise en oeuvre des mesures du Grenelle devrait permettre d’équiper 600 000 logements par an en 2020, pour un total de 5,6 millions de logements solarisés à cet horizon. »
(…)
« L’objectif minimum pour le solaire thermique en Europe d’ici à 2020, c’est d’être au niveau de l’Autriche en 2005 avec 0,28 m² de capteur solaire par habitant. L’objectif ambitieux serait d’être à 1 m² par européen. »
Les chiffres prévisionnels
Le solaire photovoltaïque
"L’axe récemment choisi par Enerplan est celui qu’empruntaient déjà l’Allemagne, le Japon ou encore la Californie, à savoir le photovoltaïque raccordé au réseau électrique. Le tarif d’achat de l’électricité solaire de juillet 2006, qui privilégie l’intégration au bâti, permet un véritable essor de la filière en France."
"L’année 2007 marque le réel décollage du marché en France. Même si avec nos 45 MW installés dans l’année, nous sommes encore très loin de l’Allemagne avec ses 1 110 MW ou de l’Espagne avec ses 425 MW, la France a rejoint les pays actifs pour le développement du secteur photovoltaïque. L’objectif « officiel » de 160 MW installés au total d’ici à 2010, sera atteint dès 2008. Il y a donc urgence à revoir la feuille de route encore officielle. Selon les professionnels, nous pouvons aisément atteindre les 500 MW installés par an d’ici 2013, pour viser les 1 000 MW / an avant 2018, pour être parmi les leaders mondiaux de cette technologie prometteuse. En 2020, la France devrait cumuler au moins 7 000 MW."
Les chiffres prévisionnels
Les liens à consulter
- www.qualit-enr.org pour en savoir plus sur les appellations Qualisol, QualiPV et Qualibois.
- www.enerplan.asso.fr : le site de l’association professionnelle de l’énergie solaire
- www.journees-du-solaire.fr : le site des journées européennes du solaire qui auront lieu les 16 et 17 mai partout en France (469 manifestations prévues à ce jour !)
- www.pole-derbi.com : le site du pôle de compétitivité des énergies renouvelables où l’on peut trouver des renseignements pratiques (inscription, programme) sur la conférence internationale Derbi 2008 qui aura lieu les 5, 6 et 7 juin à Perpignan.
lundi 31 mars 2008
Quand le coût du solaire photovoltaïque s’alignera sur celui du charbon
Ely Sachs en est convaincu : quand ses cellules solaires en silicium multicristallin seront produites à grande échelle, leur coût par watt généré sera à même de rivaliser avec le coût de production d’électricité à partir du charbon.
D’après Ely Sachs, aujourd’hui, les cellulaires solaires coûtent environ 2 dollars par watt généré. Sa nouvelle technologie (des petites cellules de 2 cm de longueur environ) fabriquée de façon industrielle devrait coûter d’abord 1,60 dollars par watt, puis 1,30 $/W. Pour être compétitif avec le charbon, ce coût de fabrication devra descendre à 1$/W : un exploit que le professeur Sachs entend réaliser dans 5 ans.
En plus d’une baisse sensible des coûts, 1366 Technologies affirme aussi que son innovation permet d’améliorer les taux de rendement actuels de 25%, ce qui autorisera au silicium polycristallin d’atteindre des rendements de l’ordre de 18 à 21%, contre 15 à 17% actuellement (la cellulaire solaire transforme 15 à 17% de l’énergie solaire en électricité).
- Une texture en surface des cellules de silicium multicristallin qui permet de absorber plus de lumière.
- Des fils conducteurs de courant électrique dont la largeur est 5 fois inférieure à celle des fils traditionnels
- De fines plaques réfléchissantes sont gravées sur les fils conducteurs pour rediriger la lumière vers les cellules plutôt que de laisser fuir (voir image ci-contre).